5 mai 2016

Communication orale et activité cérébrale

Image courtoisie de ddpavumba/freedigitalphotos.net
Comment les mots qu'on entend - et surtout  la façon dont on les comprend - s'organisent-ils dans notre cerveau ? Il semble bien que les bonnes histoires (la communication orale) déclenchent chez l'humain une activité cérébrale très intense. 

On s'en doutait bien mais des chercheurs de l'Université de la Californie (Berkeley) sont maintenant en mesure de le démontrer en détail et en temps réel.

Il s'agit d'une première "cartographie sémantique" du cortex cérébral humain. On compare d'ailleurs cette activité de recherche et de monitoring (par imagerie cérébrale fonctionnelle) aux premières photos de la terre vue de l'espace !

La revue Nature a été la première à dévoiler la portée de cette recherche en avril 2016 (ici pour le résumé/abstract).

Fait intéressant, le Globe & Mail révèle (ici) que les sept individus dont on a suivi l'activité cérébrale ont écouté près de six heures de conversation provenant d'une émission radiophonique intitulée the Moth Radio Hour (true stories told live).

Ces histoires contiennent près de 10,000 mots qui ont été répertoriés selon diverses catégories (sociale, géographique, professionnelle, violence, etc.). 

Grâce à ces catégories, les chercheurs ont pu déterminer une centaine d'endroits précis dans le cerveau où des activités cérébrales semblent se "retrouver" dans des sortes de grappes.

Cela viendrait confirmer en partie que notre cerveau ne fonctionne pas en modules "discrets" mais plutôt comme un immense réseau interconnecté où certaines sphères jouent des rôles multiples.

Voici d'ailleurs une courte explication/vulgarisation vidéo de la revue Nature à ce propos:



C'est fascinant ! Je me demande si on pourrait également mesurer ce même type d'activité cérébrale durant la lecture d'une histoire. Peut-être cela ferait-il partie d'un prochain projet de recherche ?

Merci de votre lecture !

Patrice Leroux

2 commentaires:

50 Nuances de Dave a dit…

Effectivement c'est assez bluffant. Comme quoi tout est interconnecté, de l'infiniment grand à l'infiniment petit. On se doutait que l'écoute d'une bonne histoire déclenchait une activité cérébrale hautement complexe, là on le vérifie. Il est clair qu'avec les avancées technologiques, de nouveaux moyens en terme d'imagerie fonctionnelle par résonance magnétique ou autre, nous allons de plus en plus nous rendre compte à quel point l'être humain est une oeuvre assez singulière. Peut-être cela nous fera t-il mieux nous comprendre, nous aimer, nous faire progresser? Who knows. :)

Pour répondre en partie à votre question, je vous propose le livre de Stanislas Dehaene, Les neurones de la lecture (aux éditions Odile Jacob). Et cette vidéo très intéressante du même auteur lors d'une conférence au Collège de France : http://www.dailymotion.com/video/x16iwag_les-neurones-de-la-lecture-par-stanislas-dehaene_tech

Merci beaucoup pour ce billet.

Ludewic

Patrice Leroux a dit…

Merci de votre commentaire Ludewic et pour le lien !

 
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