13 mai 2021

La communication interne en temps de pandémie

Une étude réalisée en février 2021 par des étudiants de l’Université de Montréal (FEP) a permis d’évaluer l’impact des 11 premiers mois de pandémie sur la communication interne de 23 organisations québécoises.

Les résultats montrent que le virage virtuel et le télétravail raréfient les échanges non seulement entre employés et patrons, mais aussi entre collègues de travail. 

 « Cet appauvrissement de la communication devrait être une source de préoccupation pour les dirigeants : il constitue une menace directe à la réussite des organisations », d’après Yves Chapleau, chargé de cours au certificat en communication appliquée et initiateur de ce projet de recherche. 

 En basculant dans le monde virtuel, les échanges humains perdent en fréquence et en chaleur. Ce phénomène fragilise le tissu social qui naît des interactions formelles, mais aussi, et en grande partie, informelles. 

 S’il est vrai que la pandémie ne fait qu’accélérer une tendance déjà existante, le télétravail est là pour rester. En nous donnant un avant-goût de ce que l’avenir nous réserve, elle nous permet de soupeser l’importance réelle de la communication, tant formelle qu’informelle, dans les organisations.

 



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27 mars 2019

Blogues étudiants 2019 : Top-10

Image Pixabay/inspirexpressmiami

Dans le cadre du cours REP2400 Internet et relations publiques de l'hiver 2019, voici, par ordre alphabétique, le top-10 des blogues étudiants.


Janie Carmel - À table ! Alimentation et réflexions

De la réception du nouveau Guide alimentaire canadien par les Producteurs laitiers jusqu'au gaspillage alimentaire, en passant par la présence de glyphosate dans notre assiette, Janie Carmel offre plusieurs réflexions et ressources intéressantes sur une foule d'enjeux liés à l'alimentation.


Romain Cornu - Le Blog de Romain

Voici un " blog académique consacré au café !". Quels sont les meilleurs fabricants de machine à café ? Où se trouvent les meilleurs torréfacteurs de la région métropolitaine ? Quels sont leurs secrets ?  Voici quelques questions auxquelles Romain Cornu promet de répondre...


Nathalie Da Silva Pedro - On jase !

Oui, on jase mais, on jase de choses sérieuses: la place des femmes en technologies, celle des écoles dites alternatives et des pistes de solutions pour les sans-abri, entre autres thématiques de l'heure.


Richard Élysée- Le foot autrement

MLS, Concacaf, FIFA, Ligue des nations, Coupe d'or, presque tout le grand monde du football (le vrai de vrai) passe à travers les analyses de Richard qui s'y connaît très bien et qui nous révèle sa passion pour ce grand sport d'équipe, de plus en plus populaire au Canada.


Alexandre Lemieux - Torréfaction A

Non, il ne s'agit pas d'un autre blogue sur le café mais de réflexions aussi diverses que l'hétérosexualité dans les jeux vidéos, la masculinité toxique ou le féminisme dans la publicité.


Sandrine Pantalacci - Univers BD

Voici un blogue "qui explore la bande dessinée à travers le monde". Sandrine se dit fan absolue de BD. Sa "mission" ? Transmettre sa passion pour le 9e art et nous démontrer que la BD ne s'adresse pas qu'aux enfants... Un des blogues les plus sophistiqués parmi ceux de mes étudiants de la dernière décennie !


Joannie Robert - Ton carnet écolo

Toutes sortes de bonnes astuces, idées et adresses au sujet de la consommation responsable. Manger santé, réduire ses déchets ? C'est par ici...


Marie-Ève Rouleau - Pour l'amour de la bouffe

Tout ce qui gravite autour de la restauration, de la nourriture et même de l'alcool, Marie-Ève nous parle de ses découvertes et événements de ce milieu en effervescence.


Michèle Junius - Teintée F

Le blogue de Michèle s'intéresse aux actualités, aux phénomènes sociaux et surtout, comme elle le dit, à la "place des femmes dans un monde 2.0 ".


Karine Thellier - Karine communique

Voici un blogue qui s'intéresse à toutes sortes de questions de santé publique en abordant des enjeux liés à l'alimentation, à certains médicaments et produits courants.



Merci de votre lecture !

Patrice Leroux






15 février 2019

Curation de données et netnographie

Image: Pixabay/PhotoMIX-Company

J'ai écrit quelques billets sur la curation de contenus web au cours des dernières années (en 2010 et en 2011, entre autres). C'était toujours dans une perspective de bonification d'informations reliées à une entreprise ou à un champ particulier d'activités. 

Cette pratique tire en partie ses origines de la surabondance d'informations. En cette ère de désinformation et de "Fake News", la curation est sans doute aussi pertinente maintenant qu'à l'époque...

Curation de données et netnographie

Aujourd'hui, je souhaite plutôt vous parler de curation de données et d'une technique de recherche appelée la netnographie. En gros, elle s'intéresse aux interactions et surtout aux comportements dans les médias sociaux. Elle semble attirer à nouveau l'attention des spécialistes du marketing et des relations publiques, entre autres.


Source: ResearchGate
La netnographie est donc une méthode de recherche qualitative inventée en 1995 par Robert Kozinets. Il s'agit d'une approche anthropologique issue de l'ethnographie appliquée aux médias sociaux. En 1995, bien entendu, les médias sociaux tels qu'on les connaît aujourd'hui n'existaient pas. À vrai dire, l'internet regroupait à peine 50 millions d'utilisateurs...

Par contre, il y avait des centaines et même des milliers de personnes membres de communautés virtuelles diverses - américaines surtout - qui se parlaient et qui échangeaient des informations (par le biais des forums de discussion et des BBS, entre autres). C'est ici que Kozinets a commencé à s'intéresser de près à ces interactions qui se sont développées par la suite dans le web de manière exponentielle...

Selon Kozinets, la netnographie s'intéresse de très près au contexte des activités individuelles: conversations, interactions, diffusions, statuts, partages, etc. Si les données massives analysent plutôt les conversations de manière statistique et décontextualisée, la netnographie se concentre sur la signification de ces activités.

Les données sont disponibles ... pour la curation.

C'est par le biais de la superbe revue Dialogues du programme de relations publiques de Seneca College que j'ai appris que le professeur Kozinets avait récemment fait une recherche netnographique pour le compte d'un fabricant de matériel informatique. 

Le fabricant voulait savoir comment les clients catégorisaient ses produits. Le professeur s'est tourné vers un canal que les chercheurs traditionnels utilisent très peu: Pinterest, une plateforme de curation d'images, entre autres.

L'avantage d'une recherche netnographique est double: son coût et la disponibilité des données (par rapport à des groupes-témoins, à des entrevues semi-dirigées en face à face ou à des sondages téléphoniques, par exemple).

En matière de curation de données, plusieurs données sont même déjà catégorisées quand on pense aux mots-clics (#hashtags), ou aux informations dites virales et autres tendances du moment... Et il y a toujours la bonne vieille méthode de la recherche par mot clé !

Un exemple d'une approche netnographique plus discursive 

Voici un lien vers une recherche assez récente portant sur la façon dont les hôtels peuvent s'ajuster aux besoins de leurs clients grâce à l'analyse discursive des critiques laissées sur les sites mêmes des hôteliers ou encore sur des sites tels que TripAdviser ou Expedia...

How can hotel websites discursively adjust to customer preferences using online criticism (Francisca Suau-Jiménez).


Approche éthique ?

Tout bon chercheur devra comprendre ce qu'il se passe dans Internet et dans les divers réseaux sociaux. 

Par contre, même si les données (du moins une grande quantité de données) sont en accès libres et ouvertes à tous, qu'en est-il de l'éthique sur la recherche en ligne ? 

Les règles éthiques de la recherche qui s'appliquent dans "la vraie vie" (collecte et analyse par exemple) sont-elles les mêmes pour la recherche en ligne ?

Généralement, en recherche traditionnelle, on doit obtenir la permission des participants et leur fournir un maximum d'informations sur la recherche. Chez certains groupes de recherche, les participants sont même rémunérés.

Toutes les grandes universités de recherche se dotent de comités d'éthique de la recherche comme ici à l'UdeM.   

Tout cela n'existe pas en recherche netnographique. C'est pourquoi le professeur Kozinets a établi une série de procédures et de conseils pour ceux et celles qui s'intéresseraient à ce type de recherche: Netnography: Doing Ethnographic Research Online.

Autre réflexion, après coup... Le journalisme de données

Les journalistes Jeff Yates et Roberto Rocha font également, à leur façon, de la curation de données pour raconter leurs histoires et débusquer les "Fake News", entre autres.

Leur article du 12 février 2019, De faux comptes Twitter contre les pipelines et l'immigration au Canada, relate comment ils ont pu isoler des publications (tweets) visant à influencer des Canadiens. 

Ils ont choisi d'utiliser plus d'une soixantaine de mots-clés contenant des noms de politiciens et de personnalités, d'entreprises et d'organismes ainsi que des mots-clics populaires.

Bien entendu, ils ont reçu un bon coup de main de Twitter qui a rendu publics des faux comptes, désactivés depuis avec leurs tweets (voir ici) dans le cadre de son programme Elections Integrity

Les journalistes ont aussi profité d'un code en accès libre permettant d'analyser les tweets en question par le biais de GitHub.

Voici d'ailleurs l'espace GitHub de Roberto Rocha: robroc/twitter-trolls-canada

En plus d'une possible campagne d'influence iranienne au sujet des pipelines canadiens, les journalistes ont trouvé une série de comptes russes (faux) qui ont tenté de propulser et d'amplifier des messages négatifs sur l'immigration.

C'est vrai qu'ici, contrairement à la recherche netnographique sur les hôtels vue plus haut, l'analyse discursive y est plutôt courte et le phénomène d'amplification y prend une place importante. 

Qu'à cela ne tienne, plusieurs ingrédients menant à une recherche netnographique y sont: collecte ou curation de données, configuration et codage particulier (avec du code comme python), choix et analyse de mots-clés, compréhension fine du contexte, signification des activités, et enfin compte-rendu final.  


Source: https://github.com/robroc/twitter-trolls-canada/blob/master/TwitterTrolls.ipynb

Oui, l'analyse de millions de tweets nécessite un degré certain de connaissances informatiques et devient plus compliquée qu'une analyse discursive de quelques centaines ou même de milliers d'avis sur un hôtel. Mais, dans les deux cas, il y a tout de même beaucoup de travail. 

Il n'en reste pas moins que tout chercheur en communication devra développer une culture des données qui deviendra certes de plus en plus sophistiquée mais qui se révélera essentielle pour l'avenir...

Merci de votre lecture !

Patrice Leroux

18 janvier 2019

Internet et relations publiques en 2019

Image: courtoisie de Pixabay/Geralt CCO
La dernière fois que j'ai donné le cours REP2400 Internet et relations publiques, c'était en 2017.

Voici le plan de cet hiver 2019.


Il va sans dire que ce type de cours doit être bonifié pour suivre (ou tenter de suivre..) l'évolution vertigineuse de ce monde en constante transformation, pour le meilleur mais souvent, et malheureusement, pour le pire... Dans cette perspective, de nouvelles séances de cours portent sur l'infox (fake news) et le cas de Facebook ainsi que sur les impacts de l'intelligence artificielle sur la société et sur la communication publique.

Les bases fondamentales demeurent: recherche et évaluation des sources d'information; stratégies de communication; transparence et crédibilité; veille; tactiques émergentes, entre autres.

Principaux changements:

Le cours met davantage l'accent sur la réflexion et l'analyse critique des interventions de communication/relations publiques que sur le développement de compétences plus techniques. Dans cette optique, j'exige des étudiants une plus grande autonomie dans la prise en main de certains canaux comme le blogue. Ainsi, je ne passerai plus de temps en classe à montrer comment on s'ouvre un compte sur WordPress ou Blogger... Ce sera à l'étudiant de le faire par lui ou elle-même.

Les moyens d'évaluation sont également modifiés. Ceux ou celles qui ne veulent pas publier régulièrement à partir de leur propre blogue personnel doivent rédiger un essai (projet de recherche et analyse critique). Ce choix n'existait pas auparavant. Par ailleurs, un rapport d'étape (blogue ou essai) est exigé de tous. L'objectif consiste à offrir une rétroaction plus rapide aux étudiants et d'évaluer où ils en sont dans le trimestre.

Liste de lectures:

Une nouvelle liste de lectures hebdomadaires et obligatoires est offerte aux étudiants de l'hiver 2019.




Merci de votre lecture !

Patrice Leroux

31 décembre 2018

Quelques lectures pour débuter 2019

Image Pixabay/Pexels-CCO
Voici cinq lectures suggérées pour débuter l'année 2019. 

Ou encore, pour terminer 2018, si vous en avez le temps !

Je remercie Jon Husband qui m'a guidé, à sa façon, vers plusieurs de ces textes...

Ten years of digital transformation and what it tells us (Anne McCrossan)
https://www.visceralbusiness.com/latest-news/ten-years-digital-transformation

Une rétrospective intéressante des dix dernières années vue sous l'optique du commerce électronique, de l'intérêt (assez récent) pour les données, des lacunes significatives de certains modèles d'affaires malgré leur transformation numérique, d'éthique, de gouvernance et de collaboration... À consulter !

The Digital Maginot Line (Renée DiResta)
https://www.ribbonfarm.com/2018/11/28/the-digital-maginot-line/

En pleine guerre de l'information depuis quelques années déjà, comment les sociétés démocratiques pourront-elles se protéger contre le "terrorisme numérique": manipulation, désinformation, trolls parfois payés par des gouvernements et autres opérations d'influence des plus nuisibles ? Tout est en jeu si on ne fait rien: légitimité des gouvernements, cohésion sociale et même la manière d'affronter l'enjeu climatique critique...

Russia Beyond Supervillainy (Branko Marcetic)
https://jacobinmag.com/2018/12/tony-wood-russia-putin-cold-war

Casser du sucre sur la Russie et le régime de Poutine en particulier semble bien à la mode par les temps qui courent !  Ce texte est un compte rendu du livre de Tony Wood,  Russia Without Putin: Money, Power and the Myths of the New Cold War. À tort ou à raison, voici un point de vue historique - à partir des années Yeltsin ultra-néolibérales  - assez intéressant sur les difficultés présentes  - et sans doute à venir -  de ce pays qui ne laisse personne indifférent...

How austerity ripped the World apart (Umar Haque)
https://eand.co/how-austerity-ripped-the-world-apart-3bf944bd8352

L'austérité ! On en a entendu parler beaucoup depuis quelques temps... L'auteur Umar Haque avance que c'est un leurre sans nom, conçu et développé par les Américains (de par leur propre histoire nationale associée à l'esclavagisme et à la ségrégation). L'austérité influence aussi la quasi totalité des pays occidentaux... pour le pire ! Un essai assez solide qui devrait ouvrir les yeux de plusieurs...

11 ways to Be a Better Person in 2019 (Anya Strzemien)
https://www.nytimes.com/2018/12/27/style/11-ways-to-be-a-better-person-in-2019.html

Sur une note un peu plus joyeuse, voici quelques suggestions de la journaliste Anya Strzemien pour améliorer votre qualité de vie.  De plus, une charmante sélection de textes parus dans le New York Times au cours de la dernière année, soutient ses propos et ses recommandations dont:  plus de sexe, moins de temps passé devant un écran, et un peu de cannabinol ! 


Merci de votre lecture et bonne année en 2019 !

Patrice Leroux

30 novembre 2018

La veille: fonction de base en gestion de communauté

Image: courtoisie de Pixabay- Pixelkult-CC0

Extrait tiré du chapitre 11 "La gestion de la présence sur les médias socionumériques" paru dans Introduction aux relations publiques,(PUQ, 2018).
La veille occupe une part essentielle de la fonction de tout gestionnaire de communauté car elle est synonyme d’écoute. La veille sur les médias socionumériques fait même partie de la mission et des opérations courantes de la plupart des grandes organisations. 
Par exemple, le Digital Operations Center de la Croix-Rouge américaine repère plus rapidement les catastrophes par le biais des médias socionumériques, aux États-Unis et partout ailleurs dans le monde. Cette veille lui permet d’anticiper les besoins et de coordonner ses interventions sur le terrain. 
De plus, ses gestionnaires de communauté se servent des diverses plateformes pour inciter le public à lui verser des dons dans les moments forts d’une crise environnementale ou humaine. Voir par exemple son compte Twitter ici.
Le célèbre théoricien américain de l’Internet, Clay Shirky, avait d’ailleurs bien expliqué, dès 2009 dans cette présentation TED, à quel point la convergence de tous les médias dans Internet – et notamment par le biais des médias socionumériques - faisait en sorte que «le média» n’est plus uniquement qu’une source d’information mais également un site de coordination.
Une veille efficace mérite d’abord qu’on s’arrête à certaines questions de base : Quels sont les objectifs de recherche? S’agit-il d’obtenir des informations au sujet de la réputation de l’organisation, de son service à la clientèle, d’une crise potentielle? S’agit-il d’évaluer une campagne ou un événement récent? 
Non seulement le ou la gestionnaire doit détenir des aptitudes particulières en recherche mais, doit ensuite savoir utiliser les fonctions de recherche avancée des moteurs et des plateformes pour gagner du temps. 
Quels sont les mots-clés utilisés par les publics pour trouver l’organisation ou en parler? Quel type d’information et/ou de données un moteur comme Google favorise-t-il pour afficher ses résultats? Comment utiliser les fonctions de recherche avancées de Google pour réduire les résultats et obtenir des réponses plus ciblées? 
Une plateforme comme Twitter offre aussi des opérateurs de recherche assez avancés permettant de gagner du temps. D’ailleurs, on oublie trop souvent que Twitter se voulait à la base un moteur de recherche en temps réel.
Mis à part les outils gratuits de monitoring, de Google Analytics à Hootsuite, plusieurs organisations font l’achat d’outils puissants de veille stratégique. Ces outils payants se démarquent notamment par leurs tableaux de bord évolués qui offrent non seulement des capacités d’écoute mais également des capacités d’analyse de données plus fines grâce, entre autres, aux percées de l’intelligence artificielle
Ces outils visent à cibler davantage les interventions aux plans des alertes, des sentiments, de la reconnaissance d’image ou encore de recommandations « sur mesure ». Enfin, ils offrent aussi des capacités de communication interne entre les responsables d’une organisation. 
Par exemple, l’identification d’un problème concernant un produit, un service ou encore une plainte de la clientèle peut être rapidement rapporté aux personnes qui en sont plus directement responsables. Les mesures d’intervention et de réponse éventuelles peuvent donc se faire plus rapidement.

Les données récoltées doivent par la suite être filtrées. Comment séparer les informations importantes des données superflues? Voilà quelques éléments qu’un bon gestionnaire doit considérer. 
Merci de votre lecture !
Patrice Leroux

19 octobre 2018

De la technologie à la tyrannie ?

Image: Pixabay/PIRO4D

Le professeur et historien israélien Yuval Noah Harari prétend que l'intelligence artificielle (IA) est susceptible d'affaiblir nos idéaux démocratiques si elle demeure concentrée à l'intérieur de cliques organisationnelles. 

Son article Why technology Favors Tyranny apparaît dans la revue The Atlantic d'octobre 2018 consacrée à cette autre question brûlante d'actualité: la démocratie se meurt-elle ?

Selon Harari, l'évolution et le succès des démocraties libérales au XXe siècle sont le fait de conditions technologiques uniques. Ces conditions semblent s'évaporer de plus en plus. 

Le libéralisme, au sens large, perd de sa crédibilité auprès des classes moyennes; l'autocratie et la démagogie reviennent en force; le populisme reprend sa vigueur d'antan. Les causes, à la fois nombreuses et complexes, s'entrecroisent avec les bouleversements technologiques actuels.

Les technologies de l'information, dont l'IA, combinées aux biotechnologies peuvent-elles rendre l'économie de marché et la démocratie libérale obsolètes ?

C'est un des dangers dont parle Harari et son corollaire, des classes importantes de personnes qui se percevront de plus en plus comme étant dénuées de pertinence ou sans importance. Bien entendu, l'automatisation et le remplacement des humains par des machines ne sont pas nouveau. 

Mais l'IA ne remplacera pas que des tâches dites manuelles mais aussi - et surtout - cognitives, y compris des tâches exigeant de la créativité et des connaissances spécialisées. 

Un exemple assez éloquent tiré du monde du jeu d'échecs : le programme AlphaZéro de Google - après seulement quatre (4) heures d'auto-apprentissage - battait le programme Stockfish8! Quatre heures sans l'aide d'un guide humain...(voir un article intéressant à ce sujet ici).

Aux échecs, la créativité n'est donc plus l'apanage de l'humain (ni même d'équipes combinées humains-IA)  mais d'un programme d'IA sans aucune intervention humaine. Ce n'est qu'une question de temps avant que l'IA s'immisce dans d'autres domaines telles que la médecine, les finances, la surveillance (déjà commencée)...

Connectivité et actualisation 

Par ailleurs, Harari rapporte que l'IA possède aussi deux caractéristiques importantes que l'humain n'a pas: la connectivité et l'actualisation ultra rapide. 

Par exemple, si l'OMS décèle un virus ou un laboratoire découvre son vaccin, ni l'un ni l'autre ne peut immédiatement en informer tous les médecins de la planète. Mais une médecine en IA  - même avec un milliard de médecins/IA qui veilleraient chacun sur la santé d'un seul patient - pourrait en être informée en une fraction de seconde et même partager son évaluation du virus ou du vaccin. 

Cet avantage de la connectivité et de la mise à jour est si importante que le remplacement des humains par des programmes peut avoir un certain sens...

Ce type de bouleversement affectera à coup sûr le monde du travail mais il n'y aura pas de moment charnière unique au cours de laquelle le marché de l'emploi se rééquilibrera. 

Certains emplois disparaîtront pour de bon, de nouveaux apparaîtront certes, mais pour disparaître tout aussi rapidement... Dans cette optique, les gouvernements devront penser à des systèmes de rééducation, non pas pour les jeunes mais pour les plus vieux qui devront se réinventer à plusieurs reprises. 

En 2050, il y aurait donc un risque réel d'essoufflement intellectuel combiné à la volatilité des emplois, au stress et aux changements technologiques incessants. Dans cette optique,  plusieurs classes de personnes pourraient se retrouver fortement démunies tant aux plans économique que politique...

La montée des dictatures numériques ?

Selon Harari, l'IA est à la fois un outil et une arme susceptibles de renforcer davantage le pouvoir des puissants. Dans le domaine de la surveillance, une quantité impressionnante de pays (dont plusieurs pays occidentaux) construisent des systèmes très sophistiqués de reconnaissance basés sur l'IA, entre autres. 

Un pays comme la Chine a fait l'objet de ce reportage vidéo de la BBC. 

L'auteur rappelle aussi que son propre pays est un des leaders en technologie de la surveillance. Le Citizen Lab de l'Université de Toronto nous le rappelle également dans cet article.

Lorsqu'on pense aux paradigmes qui différencient la démocratie de la dictature, on songe généralement à une opposition entre des systèmes de pensée de nature éthique. Il s'agirait plutôt d'une opposition entre des systèmes de distribution et de partage d'informations et de données. 

La démocratie décentralise l'information et les données pour que les décisions soient prises au travers des gens et des institutions.  La dictature concentre l'information et les données - donc le pouvoir - en un seul lieu, ce qui peut mener à des prises de décisions douteuses. C'est ce qui expliquerait, entre autres, pourquoi l'économie de l'Union soviétique a toujours accusé un retard important par rapport à l'économie américaine. 

Avec l'IA, au contraire, la concentration des informations et des données dans un système centralisé faciliterait l'auto-apprentissage et améliorerait les algorithmes. 

Une dictature ou un régime autoritaire qui disposerait d'une base de données contenant l'ADN et le dossier médical de tous ses ressortissants aurait un net avantage au plan de la génétique et de la recherche médicale, par rapport aux autres sociétés dont les données demeurent privées ou décentralisées.

Il se pourrait que certaines technologies favorisent la distribution des informations plutôt que leur concentration - on pense au blockchain par exemple -. Mais on ne sait pas encore vraiment à quel point ce type de technologie peut contrer les tendances centralisatrices de l'IA...

L'enjeu majeur consiste donc à penser aux manières de contrer ou d'équilibrer ces tendances comme on tente de le faire maintenant pour Internet (ici) qui promettait jadis un système décentralisé et neutre... 

Pour empêcher la concentration de la richesse et du pouvoir, il faudrait aussi, par le fait même, songer à réglementer la propriété des données et ne pas la laisser entre les mains de quelques oligarchies... 

La démocratie se meurt-elle tranquillement ?

Informations complémentaires et intéressantes

Podcast à écouter: 

How Tech has Hikacked our Brains (Tristan Harris et Helen Lewis)

Will deep-fake technology destroy democracy ? (Jennifer Finney-Boylan)

https://www.nytimes.com/2018/10/17/opinion/deep-fake-technology-democracy.html

Montreal has reinvented itself as the World's startup powerhouse (James Temperton)
https://www.wired.co.uk/article/best-startups-montreal

MIT plans College for AI, Backed by $1 billion (Steve Lohr)
https://www.nytimes.com/2018/10/15/technology/mit-college-artificial-intelligence.html


Merci de votre lecture !

Patrice Leroux



28 septembre 2018

Un Plan numérique pour le Québec

Image: courtoisie de Pixabay

C'est avec enthousiasme que plusieurs spécialistes et observateurs ont pris connaissance des engagements du Parti Québécois en matière de révolution numérique. J'en fais partie.

Présenté par le chef du PQ, la députée sortante de Chicoutimi et la candidate du comté de Mercier à Montréal, Michelle Blanc (une amie), - dont le blogue est  archiconnu dans le monde de la communication-marketing - ce plan de virage numérique est sans aucun doute l'un des plus ambitieux de notre histoire.

La fibre... bien plus qu'une corde sensible

Faire passer l'ensemble du Québec à la fibre optique semble une évidence que plusieurs pays ont déjà compris. Permettre l'accès à cette technologie de type FTTH - Fibre jusqu'à l'abonné (ou jusqu'au domicile ou à l'entreprise) ouvre la voie à un potentiel de développement et d'innovation aussi fondamental que l'électrification au début du XXe siècle. 

Toutes les sphères de l'activité humaine, de l'éducation à la santé, du travail aux échanges commerciaux, entre autres, pourraient profiter énormément de ce virage numérique tant attendu.

Pour un ministère responsable du Numérique

De plus, un ministère attitré au Numérique est susceptible de baliser, enfin, le développement du logiciel libre, l'arrivée imminente de la technologie 5G et la gestion entière des serveurs gouvernementaux (soyons au moins souverains en matière de données gouvernementales !).

Des objectifs réalisables ?

Tout indique par contre que le gouvernement actuel de Philippe Couillard ou la Coalition Avenir-Québec sera porté au pouvoir... et sans doute de justesse. Tout cela demeure bien imprévisible... mais l'un ou l'autre formera le prochain gouvernement. 

L'actuel gouvernement avait bel et bien dévoilé une première stratégie numérique à la fin de 2017 mais les moyens pour atteindre ses objectifs demeurent assez ténus...

Dans cette perspective, il est à espérer qu'une majorité d'électeurs du comté de Mercier pourront mettre leur esprit partisan de côté et éliront la candidate péquiste. 

Une voix forte pour le développement du Numérique au Québec

Au-delà des diverses idéologies, clivages habituels et autres guerres de clocher, l'enjeu fondamental du débit de connexion à Internet - à la grandeur du territoire - demeure dans l'intérêt supérieur du Québec (et même du Canada si vous voulez !). 

Michelle Blanc, de son siège à l'Assemblée nationale, dispose de la vision et de l'expertise pour rallier ses collègues au virage numérique, essentiel pour aujourd'hui et pour demain...

À écouter:

Le podcast de Bruno Guglielminetti (Entrevue avec Michelle Blanc à 49m:40s)


Merci de votre lecture !

Patrice Leroux


23 août 2018

Nouveau livre: Introduction aux relations publiques (PUQ)

Image: Presses de l'Université du Québec (PUQ)

Juste à temps pour la rentrée d'automne 2018, l'Introduction aux relations publiques, collectif dirigé par Stéphanie Yates , est maintenant disponible.

L'ouvrage remplace le classique Les relations publiques dans une société en mouvance qui a fait l'objet de quatre éditions (de 1998 à 2010). 

Depuis ce temps, les nombreux bouleversements technologiques, politiques, financiers, socioculturels et, avouons-le, environnementaux, comportent tous des conséquences importantes sur la discipline des relations publiques et de ses praticiens.

Comme le souligne Marcel Barthe dans sa préface où il met pourtant l'accent sur les dimensions technologiques: 

" Notre discipline s'ancre au coeur des relations entre les individus. Notre matière première, c'est l'humain. C'est avec lui que nous interagissons: notre client, notre employeur, nos partenaires, nos consommateurs, nos parties prenantes de toutes natures et de tous horizons. [...] Notre rôle essentiel consiste à bien comprendre les intérêts, les intentions, les motivations, les besoins et les valeurs des gens avec qui nous souhaitons ou devons interagir, afin de bien conseiller nos clients ou employeurs sur les meilleures approches, les messages les plus appropriés, les outils les plus aptes à produire des résultats, pour qu'une relation mutuellement satisfaisante s'instaure entre les diverses composantes, souhaitées, imposées ou incontournables, impliquées dans cette relation passagère ou permanente."

Si Barthe, malgré son approche humaniste, insiste sur les dimensions technologiques, c'est qu'il comprend fort bien que [...] "l'intensité de leurs répercussions sur chaque être humain faisant partie de cette chaîne de communication interreliée peut s'avérer si considérable qu'elle risque d'ébranler les fondements et principes historiques qui nous guidaient jusqu'à ce jour. Bien les connaître, apprendre à les utiliser, voire à les maîtriser, comprendre leur immense potentiel bénéfique dans la relation avec nos publics, mais aussi cerner leurs possibles effets pernicieux afin d'éviter des lendemains douloureux, constitue un impératif pour tout relationniste qui aspire à l'excellence."

Vingt-quatre auteurs ont collaboré à cet ouvrage de près de 500 pages en voie de devenir obligatoire dans de nombreux programmes d'étude en communication dont le certificat de relations publiques de l'Université de Montréal

D'abord conçus dans une perspective pédagogique, ses 16 chapitres sont accompagnés de questions de réflexion pour en approfondir l'apprentissage et l'analyse. Plusieurs études de cas complètent l'ouvrage.

Il va sans dire que le contexte professionnel de tout communicateur est bouleversé, certes par les avancées technologiques, mais aussi par la surabondance d'information, la désinformation, la manipulation, la montée du populisme et l'accentuation des inégalités.

Dans ce contexte, il devient impératif de pratiquer les relations publiques de manière transparente et éthique. Comme le souligne fort à propos Stéphanie Yates en introduction:

"Éternelles mal aimées, les relations publiques sont pourtant essentielles en démocratie, où les organisations ne peuvent agir en vase clos, sans tenir compte des besoins et des attentes des différents publics et sans avoir de compte à rendre à ceux-ci. [...] l'existence d'une sphère publique où des voix concurrentes et multiples peuvent se faire entendre est centrale au fonctionnement démocratique; les relations publiques permettent de soumettre ces idées concurrentes à la sphère publique, de les "publiciser", afin qu'elles puissent par la suite être débattues pour mener à la formation d'opinions.Les organisations qui sont en mesure de construire des ponts entre les opinions divergentes ainsi formulées, d'aider leurs partenaires à raisonner en tenant compte des intérêts des autres et d'établir des dispositifs qui permettent de bâtir la confiance parmi les différents acteurs [...] peuvent être considérées comme mettant en oeuvre des relations publiques efficaces."


L'ensemble des chapitres de ce livre vous guidera justement à mettre en oeuvre des activités de relations publiques éthiques et efficaces.

Bonne lecture !


Patrice Leroux



19 juillet 2018

Discours gagnants par Gilles Trudeau


Mon collègue Gilles Trudeau publie un ouvrage important pour les communicateurs et particulièrement pour ceux et celles qui souhaitent rédiger des discours pour le monde des affaires ou de la politique.

Discours gagnants - Petit guide de rédaction -  est  certes un ouvrage pédagoqique mais le ton employé par l'auteur - plus proche de la conversation intimiste que de la didactique conventionnelle - le rend accessible, compréhensible et surtout, appuie l'ensemble de l'oeuvre. 

" Le discours est la forme la plus noble, la plus solennelle de la prise de parole en public." (p. 40)

Présenté en six grands chapitres, l'ouvrage offre de précieux conseils, plusieurs astuces et tactiques éprouvées sur le métier de rédacteur de discours ou comme le dit lui-même l'auteur, d'allocutions... 

Avec franchise et humour, Trudeau réussit à provoquer un grand enthousiasme pour ce métier exigeant (parfois décevant) mais le plus souvent grisant...

De l'importance du briefing à l'élaboration d'un plan et d'un calendrier, en passant par  "l'introconnexion" et l'importance de l'anecdote - Trudeau en offre lui-même quelques savoureuses - le lecteur y trouve beaucoup de matières: sur l'auditoire (la face cachée de la Lune), les niveaux de langue, les figures de style, le contenu (la face visible de la Lune), la prestation, entre autres; jusqu'aux aspects plus techniques du discours (éclairage et supports divers), de sa révision, de l'après-discours (rencontre de presse s'il y a lieu) et de la recherche de client.

"Je sais par expérience que le degré de concentration des personnes en situation d'écoute est directement proportionnel à l'endurance des muscles fessiers. Je vous conseille donc fortement de ne pas dépasser 20 minutes ! " (p. 48)

J'apprécie également les schémas touchant le rythme et la structure d'une allocution d'affaires et d'une allocution politique, leurs différences et leurs ressemblances.

Seule petite "ombre" au tableau, l'absence de deux ou de trois exemples de discours rédigés à l'intention de ses clients. J'aurais en effet souhaité que Gilles Trudeau obtienne la permission de reproduire intégralement quelques discours. Devenues "études de cas", ces allocutions - habituellement publiques - auraient davantage appuyé l'ouvrage, en matière de mandat, de contexte et de messages clés, par exemple. Sans doute est-ce lié à des raisons de confidentialité ou d'exclusivité...

Malgré cette absence d'exemples plus concrets (on y retrouve tout de même quelques exemples de modèles et de mise en page d'allocutions), je recommande fortement l'ouvrage à quiconque souhaite se lancer dans cette belle aventure de rédactrice ou de rédacteur de discours.

Merci de votre lecture !

Patrice Leroux


18 juin 2018

Intelligence artificielle et relations publiques

Image: courtoisie de Pixabay/Geralt
Quels seront les impacts de l'intelligence artificielle (IA) sur le travail en relations publiques ?

Voilà une grande question sur laquelle se penche Jean Valin depuis quelques années déjà. 

Le discours actuel concernant les impacts de l'IA sur la profession - pour paraphraser Stephen Waddington - se trouve polarisé entre la techno-panique et le déni. En effet, ni l'une ou l'autre posture n'est utile...

Dans son Humans still needed: An analysis of skills and tools in public relations (pdf), un "discussion paper" publié sous l'égide de la CIPR, Jean Valin rappelle que si tous les outils en IA utilisent les technologies, ce ne sont pas toutes les technologies qui utilisent l'IA.

L'IA est définie comme une application avancée avec laquelle un outil (ou une machine) peut développer des fonctions cognitives humaines telles que l'analyse, l'apprentissage et la résolution de problèmes.

Certaines compétences et habiletés ne peuvent tout simplement pas être automatisées, du moins pas encore... On pense à des traits humains tels que la confiance, l'empathie, l'humour, le développement des relations humaines, et la créativité, par exemple. 

D'autre part, les considérations éthiques, l'agilité et la flexibilité dans le changement, le mentorat ou la pensée stratégique pourraient-ils être pris en compte par l'IA ? Cela serait assez étonnant quoique le jeu stratégique de GO n'a plus besoin d'aide humaine avec l'IA de Google...

Quand on pense aux nombreux outils technologiques dont se servent les professionnels d'aujourd'hui, Valin les recense selon cinq grands barèmes ou niveaux. Seuls deux des cinq niveaux offrent une véritable entrée vers l'IA.

1- Outils pour simplifier les tâches:  base de données et services de presse électroniques comme Cision...

Ces outils nous aident, entre autres, à traduire des textes, à corriger des coquilles et des fautes d'orthographe, à faire des présentations multimédias et à planifier diverses tactiques de communication.

2- Outils d'écoute et de veille médiatique: Brandwatch, Talkwater, etc.

Ces outils nous permettent de retracer et d'analyser des commentaires laissés sur les médias sociaux, de mieux segmenter certains publics ou parties prenantes, d'être aussi sans doute plus sensible à la diversité d'opinions, entre autres...

3- Outils d'automatisation de tâches: IFTTT, Zapier, formats de données ouvertes...

Ces outils améliorent la gestion des contenus et l'analyse de données; ils peuvent nous faire gagner du temps pour produire des documents et des vidéos et bien entendu pour s'engager dans des discussions sur les médias sociaux...

4- IA pour des données structurées: Google Analytics, Newswhip...

5- IA pour des données non-structurées: Tableau, IQ Bot, Quid...

C'est ici, selon Valin, que se trouve la coeur de l'IA dans la profession. On peut créer ou sélectionner (et bonifier) des contenus à l'aide de technologies automatisées et prédictives. On peut identifier des enjeux et des tendances, traiter de grandes quantités d'information, les filtrer et générer des rapports qui nous feront gagner beaucoup de temps. Déjà, certains chatbots (agents conversationnels) peuvent apprendre et évoluer sans aide humaine...

Il faut souligner que Valin a aussi collaboré à la mise sur pied d'un ensemble de normes en matière de compétences et d'habiletés pour les professionnels des relations publiques. 

D'abord avec le projet Global Body of Knowledge (pdf) qui s'est transformé par la suite dans le Global Capabilities Framework Project.

La Business School de la University of Huddersfield a d'ailleurs compilé une liste de compétences et d'habiletés par pays (ici en pdf) et selon leur contexte ou priorités. Son équipe de chercheurs internationaux se trouve ici  (pdf).

Parmi la cinquantaine de compétences et d'habiletés recensées dans le Global Body of Knowledge (GBOK), certaines n'ont pas d'incidence probante et directe avec la technologie (environ 32%).

Par contre, les niveaux 1 et 2 vus plus haut sont intégrés respectivement à 6% et à 8% à l'intérieur des compétences et habiletés du GBOK.

Quant à l'automatisation des tâches  (niveau 3), 17% des compétences et habiletés du GBOK intègrent ce type d'outils.

L'IA appliquée à des données structurées et non structurées s'intègre actuellement à 12% des compétences et habiletés du GBOK... 

Les experts croient que d'ici cinq ans, ce sera plutôt 38% de ces habiletés qui seront intégrés à l'IA. On pense aux méthodes et techniques d'évaluation et de mesure: réputation, confiance, relations; à l'analyse de l'environnement (de type PESTEL par exemple); à la résolution de problèmes; à l'aide à la planification et même à de l'idéation...

Il va sans dire que des changements massifs provoqués par les percées de l'IA vont transformer l'ensemble du monde et non seulement les grands domaines de la communication publique, tel que le journalisme (vidéo).

Il faudra bien entendu demeurer vigilant avec l'utilisation de ces données avec l'IA. Les considérations éthiques doivent être l'élément dominant; elles façonneront la pratique professionnelle des relations publiques de demain.

Mise à jour: David Philips a fait part de ses observations et commentaires à la suite du document de monsieur Jean Valin (ici).

Merci de votre lecture !

Patrice Leroux 



 
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